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Le post-rock en méditation au Dunk! Festival

5 Juin , 2017  

Les 25, 26 et 27 mai 2017, le MIND s’est rendu à Zottegem, une petite bourgade flamande, dans l’optique de s’immerger dans l’univers post-rock expérimental du Dunk! Festival. La combinaison de l’ergonomie du site, alliée à la découverte concrète d’un genre musical atmosphérique, a créé une expérience festivalière unique en son genre.

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Nele Dierick Photography

Prendre ses quartiers

Le jour-j est arrivé, le premier festival de la saison également. Tout est paré, notre duo d’explorateurs arrive à Gand pour découvrir l’endroit qui abritera nos esprits en ébullition. Nous avons opté pour le Couchsurfing, qui s’est avéré être une première expérience de la chose très réussie.

Il nous faut 30 minutes de route pour aller de Gand à Zottegem. Des panneaux à l’effigie du Dunk! nous évitent de nous égarer trop rapidement. D’ailleurs, le chemin menant au site peut être très vite dépassé, il s’agit d’un passage très étroit, à l’égal d’un chemin cabossé de pleine campagne. Le festival est isolé du centre-ville, à 5kms de là. Aux allures de camp de vacances, la superficie du site est assez réduite. L’épicentre du festival comporte des locaux dans lesquels se trouvent une cantine et la banque DIY. La cour extérieure donne directement sur une petite scène sous chapiteau nommée « The Stargazer » et divers food trucks.

Tout à côté de cette scène, se trouvait une verdoyante clairière où le soleil inondait les festivaliers. Tout autour se trouvait une lisière, reliée à la forêt ardennaise flamande. Un coin inattendu s’y cachait, une petite scène configurée sous forme d’arche qui nous a permis de nous prélasser musicalement. C’était le cadeau de cette édition, j’ignore si elle aurait été maintenue sous une météo différente. La régie était installée sans protection sous les arbres. Le temps nous a réellement gâté. Finalement, l’agencement global était réellement ergonomique car jamais nous n’étions exposés trop longtemps au soleil caniculaire, la forêt était systématiquement à portée de voix.

Ambiance-2 copy

Encore au delà, non-loin de l’entrée du site, était située la Main Stage, installée sous un chapiteau digne des plus grands cirques. A l’intérieur, un grande parcelle a été consacrée au merchandising. Il était considérable, à l’image de leur investissement dans la promotion de groupes via le label Dunk!Records. Chaque jour, des représentants des groupes et de certains labels, comme Pelagic Records (Klone, p.g lost, Cult Of Luna, sleepmakeswaves), étaient présents.

Un line up de puriste

Des amoureux du genre venant des 4 coins de l’Europe, voire du monde, se sont donnés rendez-vous au Dunk ! Festival. Le catalogue des genres variait de la musique expérimentale la plus lente (Earth et son doom-desert rock) à la plus énergique (And So I Watch You From Afar et son math-rock).

And So I Watch You From Afar avant d’assurer un show digne du nom

Le premier jour, nous voulions absolument voir Mutiny On The Bounty. Ces luxembourgeois sont de vrais ninjas, tant dans leurs mouvements que dans leurs morceaux. Le batteur avait une place centrale, ce qui rend la notion de rythmique encore plus prégnante. Plus incongrus encore, les hurlements du guitariste qui semblait prendre énormément de plaisir à son propre jeu. Leur math-rock nous a fait un bien fou à voir sur scène même si l’on a déploré l’absence d’une atmosphère concrète à contrario de The Black Heart Rebellion le même jour, par exemple. Selon nous, les MOTB ne sont pas parvenus à englober la salle de l’énergie dont leur musique est fournie. TBHR nous a complètement surpris et hypnotisé, que ce soit par l’intensité de leur scénographie, autant que par la manière qu’avait leur musique d’habiter tout le chapiteau de la grande scène. Tous les instruments à même de façonner une atmosphère chamanique était employés ; un accordéon manié de façon linéaire, une flûte, des percussions, un tambourin, une cloche… Ajoutons à cela une basse qui a toute son importance dans une musique que l’on pourrait mettre en fond sonore de rituels celtiques ; une voix qui était tantôt inaudible, tantôt très distinctive et profonde. Un régal.

La tête d’affiche du jeudi a été un cadeau des astres pour une grande partie des festivaliers. Les américains de Swans ont joué leur tout dernier concert en festival, en Belgique, au Dunk! Vous l’avez bien compris, les pionniers du genre ont probablement joué pour la dernière fois tous ensemble ce soir-là. Certains ont eu du mal à suivre, s’endormant littéralement sur place au plus grand amusement des autres. Même si l’aspect répétitif de leurs morceaux peut avoir des effets soporifiques sur le public, la progression du live était discernable, tout en subtilité. La superposition des sons était très entêtante, tout en restant cohérente et méditative. Au début, la régie a eu du mal à gérer l’équilibre sonore de chaque instrument tant et si bien que cela accentuait la saturation de la basse. Après un check-up exigé par l’impassible leader, Michael Gira, la synchronisation instrumentale globale s’est clarifiée d’un coup, ce qui a rendu le tout bien plus agréable.

Swans aura tenu en haleine le public pendant plus de 2h30.

Le vendredi a été le dernier jour riche en coup de cœur. La Stargazer Stage a accueilli un groupe de space-rock belge assez perché. Kozmotron est constitué d’un bassiste bcbg surnommé « The Mechanic » ; de « Lost Johny », un guitariste avec un jeu psychédélique inspiré des seventies et d’un batteur sous pétard avec un tube sur la tête et une voix de chipmunk, appelé « Rufus Reefer ».

Mais tout cela a semblé si fade lorsque And So I Watch You From Afar est entré en jeu… 50 minutes si courtes, mais tellement intense ! Le chapiteau s’est transformé en une gigantesque cour de récréation où tout le monde sautait, souriait, chantait et transpirait à grosses gouttes. D’un commun accord, nous affirmons que cela a été le meilleur concert du festival dans la mesure où il était le plus abouti musicalement, dans les jeux de lumières, les instants mis en suspend. Un concentré d’euphorie tout droit venu de Belfast.

Xenon Field a représenté l’Irlande d’une façon totalement différente et inattendue, le dernier jour. 2 musiciens, 2 guitares, 2 synthétiseurs… et 2 anniversaires, pour leur tout premier live à l’étranger ! Partant d’un contexte festif, leurs compositions nous ont fait voir le post-rock sous une perspective électronique… qui rejoint la synth-wave (un genre apparenté à la musique électronique de 1980 avec New Order.) Cela ajoutait de la texture à un genre bien trop planant par moment. C’était une bouffée d’air frais à une après-midi suffocante et à un line-up un peu lassant à la longue.

Une expérience intimiste

Notre bilan est positif dans la mesure où, en tant que curieux, nous avons été surpris par cette configuration intimiste d’un festival qui a pour but principal la valorisation d’une scène trop peu mise en avant. Particulièrement méditatif, l’état d’esprit ambiant nous a fait intégrer une atmosphère propice à l’introspection. De plus, les organisateurs ont chouchouté leurs festivaliers du début à la fin, toujours à l’écoute des gens, prêt à résoudre le moindre souci dans la seconde, et ce avec un entrain inégalé. Certains bénévoles venaient même distribuer des collations aux personnes se prélassant dans la forêt. Nous nous sommes sentis en vacances, choyés.

Lost In Kiev

Mutiny On The Bounty 

 The Black Heart Rebellion 

Pg.Lost 

 Steak Number 8

 Swans

 Kozmotron

 Dumbsaint

 Meniscus

The Chapel Of Exquises Ardents Pears 

 And So I Watch You From Afar 

 Malämmar

 Earth

 The Moth Gatherer 

HALMA

 Briqueville

Set & Setting

Atmosphere in Dunk!Fest

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