Chroniques, Découverte, Festivals, Home, News, Portfolio, Reportages concerts

-Main Square Festival – Jour 3 – Dimanche 2 juillet 2017 –

9 Juil , 2017  

Voici le dernier jour du festival, tout est passé vite grâce à la multitude de concerts variés et livrés en deux jours. Aujourd’hui, je suis en ébullition : j’ai hâte d’assister au live de la tête d’affiche : Radiohead. Je crains toujours la fameuse pluie du Nord, le temps n’est pas au beau fixe ce midi. Je suis un peu fatiguée et je compte sur la programmation étonnante du troisième jour pour éveiller mes sens.

Sur la Green Room, peu de festivaliers. Ils doivent être encore plus fatigués que moi après la folle journée de samedi. VERTIGO, trio indie pop lillois et dernier lauréat du Tremplin du MSF, ouvre quand même le bal à 13h30. Sur scène, un clavier, une batterie et comme un air de « déjà vu, déjà entendu ». Deux femmes, un batteur aux allures de Freddy Mercury, pas de guitare. Malgré la belle voix de Camille et les influences du groupe Metronomy, ce n’est pas assez énergisant pour moi. Je retourne sur le Main Stage.

 

HIGHLY SUSPECT, trio rock de Brooklyn offre aux festivaliers sur le Main Stage des bonnes ondes. Un DJ nous livre un son électro avant l’arrivée des frères jumeaux et du copain d’école. La pluie est présente mais la voix éraillée du chanteur/guitariste tatoué Johnny Stevens,  et le jeu batterie/basse saturée nous réjouissent. Le public se réveille quand HIGHLY SUSPECT présente son nouvel album « The Boy Who Died Wolf » (2017, produit par Hamilton des Black Keys) ou ses titres du précédent album comme « F**k Me Up ». Il n’est que 14h et les festivaliers, ravis de voir Johnny se rouler par terre, ont déjà les bras en l’air.

 

Sur la Green Room, les hollandais de KENSINGTON (Pas de faute, je connais ma géographie…) débute leur live à 14h30. Quatre albums à leur actif mais le show sur la petite scène ne nous atteint pas autant que le concert précédent.

 

 

Et puis, il faut vous avouer que nous sommes impatients d’entendre et de voir MARK LANEGAN BAND sur le Main Stage. Il a été le compagnon de route de Kurt Cobain, le leader de Screaming Trees, le chanteur et  guitariste de Queens of Stone Age… Son dernier album solo, « Gargoyle », est sorti en mars 2017. Même s’il est peu connu du public, il a posé sa voix sur plus d’une centaine d’albums. C’est une légende du rock qui a marqué le grunge et le rock alternatif, profitons de sa présence au MSF. Au départ, je ne trouve pas la foule très réceptive, moi je le suis. Il dit merci avec sa voix roquailleuse, il chante avec un timbre clair et une intensité à couper le souffle. On est envoûté lorsqu’il chante « Goodbye to Beauty ». Le soleil revient, le dynamisme aussi, les festivaliers l’acclament enfin. Pour notre plus grand plaisir, nous avons le droit à la reprise de « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division en fin de concert. Certains diront que MARK LANEGAN est peu expressif, je le trouve plus ténébreux, classe et élégant à travers ce dernier album rempli de confessions. Un moment nocturne, donc magique, en pleine journée.

 

Lorsque nous redescendons sur terre, on remarque que la magnifique Citadelle d’Arras s’est remplie. Il commence à être difficile de circuler entre les deux scènes. Cependant, on veut absolument écouter le groupe SPOON sur la Green Room. Le groupe américain n’a jamais chômé ces dix dernières années : neuf albums, six EP’s, des tubes dans de nombreuses séries télé ou films. Voilà pourquoi on ne veut pas manquer sur scène le pop/rock indé de ces quatre membres et la présentation de leur neuvième album beaucoup plus pop et électro. Surtout que SPOON est rarement présent dans un festival !  Beaucoup d’énergie pendant tout le show, les personnes sont joyeuses, nous passons un bon moment.

 

 

Nous sommes vraiment gâtés pour ce troisième jour du MSF : on est heureux d’assister au live de SEASICK STEVE sur le Main Stage ! Dans son groupe, le bassiste de Led Zeppelin, John Paul Jones. Une autre légende, ami de Kurt Cobain, nous fait l’honneur de sa présence à 17h. Bientôt octogénaire, il offre un blues avec des guitares bizarres et bricolées à la main qui sonnent pourtant très juste… Le show est inratable ! Le duo batterie/instrument à cordes, les riffs entraînant, le charisme de SEASIC STEVE et son chant sont une réussite. La foule se défoule, le bluesman distille de la bonne humeur avec, notamment, « Dog House Blues ». A chaque titre, il change d’instruments, on est amusé… Il délivre des anecdotes à leur sujet. Le public adhère totalement à sa joie et ses plaisanteries. Un très beau moment de scène : il va chercher une jeune femme au premier rang  et lui chante une chanson d’amour, les yeux dans les yeux – Le temps s’est suspendu – Deuxième moment magique de la journée.

 

 

Je ne veux pas manquer une miette de Seasick Steve et je laisse Steph aller sur la Green Room pour photographier THE LEMON TWIGS. Il n’arrive pas à adhérer au concert car les quatre membres semblent ne pas s’accorder dans leur personnalité. L’ensemble est trop mou mais le groupe fait perdurer la bonne ambiance chez les festivaliers grâce à leur pop/rock parfois très 70’s.

 

 

C’est la deuxième fois que LA FEMME fait honneur au MSF (2014 sur la Green Room). Pour cette nouvelle édition, on les retrouve à 18h30 sur le Main Stage. Un deuxième album en poche, on aime ce groupe ou on le déteste, il n’y a pas d’entre deux. Ma nièce me raconte, « Lors de la première partie des Red Hot, ils ont insulté le public ». C’est un groupe qui sait attirer les foules et il est impossible, dès le début du show, de circuler sur le Main Stage. LA FEMME livre un live joyeux, énergique et estival notamment avec « La plage ». Pas d’insultes vis-à-vis du public mais je me suis ennuyée car c’était lourd, le son des basses parfois trop fort, et le tout assez absurde (pour la première fois de ma vie, j’ai mis les petites boules quiès offertes sur le site du MSF !). En fait, se groupe fait parler mais je ne trouve aucun intérêt aux textes et à leur son new wave/pop.

 

Ceux qui envoient du lourd dès la première chanson c’est NAIVE NEW BEATERS de l’autre côté, sur la Green Room ! Le public est à fond, David Boring (qui est loin de l’être) demande aux jeunes femmes de monter sur les épaules de leur copain. Le show est drôle, fun, déjanté et coloré, les tenues des membres viennent d’un autre temps. Ça, c’est de l’absurde intelligent. Il y a des moments plus doux et tristes avec « Words Hurts ».  Bref un show qui remue les festivaliers prêts à aller sur la grande scène accueillir SAVAGES.

 

 

SAVAGES est un groupe de quatre femmes qui défendent, poing levé, la place des femmes au sein de la musique. Leur style est du rock/post punk avec un zeste de sauvage, d’agressivité et de féminité. SAVAGES a deux albums au compteur et une énergie folle. « Adore Life » (2016) est un petit bijou que nous avons hâte de découvrir en concert. La très belle et classe JENNY BETH a chauffé le public en allant le chercher tout au long du live, elle se fait même porter par lui en restant debout. La voix de Jenny est puissante. Les quatre membres donneront tout lors de ce show qui a fait trembler Arras ! Mention Spéciale pour la bassiste qui a enchaîné les riffs percutants ! « On sait que la plupart d’entre vous est là pour Radiohead, mais on sait aussi que vous êtes tous des music lovers ! ». On a adoré.

 

Je reste sur ma pelouse, côté Main Stage, afin de pouvoir assister au concert de Radiohead. Steph, curieux, décide de shooter THYLACINE sur la Green Room. En effet, William Rezé est un DJ peu commun : originaire d’Angers, saxophoniste ; il distille un set parfait, chaleureux. C’est nickel pour mettre une ambiance légère au sein du MSF pour assister déjà au dernier concert.

 

 

Je suis heureuse de voir à nouveau RADIOHEAD au MSF, même émue, j’adore ce groupe depuis des années.  Pour sa tournée, Le groupe donne son unique concert au MSF pour la France, « OK Computer » a fêté ses 20 ans le mois dernier… Quelle chance a-t-on de vivre un live de plus de deux heures ! Les cinq musiciens se font attendre sur le Main Stage, rien que pour faire monter la pression dans nos cœurs. Certains grands fans étaient au plus près des barrières depuis l’ouverture du jour 3.  Une musique pleine de sorcellerie se fait entendre et le groupe fait son entrée sur scène. La foule ovationne RADIOHEAD et débute leur live avec « Daydreaming ». THOM YORKE enchaîne avec sa voix puissante, claire et magique les titres de leur dernier opus « A Moon Shaped Pool ». On est à chaque fois bouleversés de réentendre, en live, les titres de « OK Computer » comme les merveilleux « Let Down », « Lucky », « No Surprise ». Le bouquet final : « Paranoïd Androïd », était puissant, majestueux. Je pourrais entendre toutes les critiques sur ce groupe et ce live, ça ne gâchera pas les instants magiques vécus ce dernier jour près de la petite chapelle de la citadelle. « Ils n’ont pas beaucoup communiqué avec le public »… Mais ils t’ont parlé pendant plus de deux heures en musique !.. Voilà, RADIOHEAD ça ne se danse pas, il n’y a pas besoin d’artifices, d’écrans géants. RADIOHEAD ça s’écoute, ça se ressent et parfois on reste bloqué, envoûté devant Thom Yorke. Ce soir j’ai vécu un troisième moment de magie, un moment de poésie ou parler n’était pas nécessaire.

 

Merci Main Square Festival pour ce moment de sérénité qui m’a ensorcelée et pour ces trois jours étonnants et rebondissants avec ses surprises.  A l’année prochaine !

 

report : Elodie Notelet 

Crédit photos : Stéphane Mesnier

, , , , , , , , , , , ,

By



Comments are closed.