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Rencontre avec David Bartholomé (Sharko)

20 Déc , 2016  

C’est dans un bar bruxellois, à Saint-Gilles,  lors d’une fin d’après-midi morne et grise que David Bartholomé nous a donné rendez-vous pour se confier auprès de M.I.N.D.  » J’ai habité le quartier avant et j’aimais vraiment l’ambiance du coin« . Attablé, sirotant un thé, l’air serein et pensif, l’un des acteurs principaux de la scène rock surréaliste belge, vous n’êtes sans doute pas passés à côté du fragile « Sweet Protection » ou de l’efficace « Motels« , tous deux sortis en 2006 sur « Molecule« , leur quatrième album. « Excellent – I’m Special », issu du troisième album  » Sharko III« , sorti en 2003, vous est sans doute aussi familier grâce à un certain Julien Doré, l’ayant sorti de son contexte en 2007, pour l’audition de la Nouvelle Star.

La tête pensant de Sharko fait le point sur sa carrière et le dernier album en date « You don’t have to worry« , sorti en avril 2016. Premier album depuis 7 ans, cet opus n’a pas eu les honneurs qu’il méritait. David ne perd pas pour autant la face et projette de s’inviter chez le public, pour le conquérir et pour propager la bonne parole de cet album dont il est fier, qu’il considère plus cohérent et harmonieux.
David semble apaisé. Ses réponses sont prudentes, même s’il semble savoir très bien quoi répondre, il prend son temps, installe des silences au milieu de son discours, qu’il ponctue comme pour traduire ses émotions et sa vision le plus justement possible.


M.M. : Sharko a livré « You don’t have to worry » cette année, es-tu satisfait de l’accueil qui lui a été réservé ?

– D.B. : C’est un album qui a beaucoup plus au public qui nous suivait déjà mais nous n’avons pas conquis  un nouveau public, comme je l’aurais espéré.
Cela est dû au fait que nous n’avons pas eu les retombées médiatiques auxquelles nous nous attendions. Pas vraiment de passage radio, entre autres.
Pour remédier à cela, et comme le public n’est pas venu jusqu’à nous, nous allons jouer chez le public à domicile. Le public n’est pas venu jusqu’à nous donc nous allons le chercher.
J’ai déjà eu l’occasion de le faire et j’aime la prise de risque que cela comporte.

 
– De quelle prise de risque parles-tu ?

– Et bien, les gens invitent un groupe chez eux, ils n’y sont pas habitués, il n’y a pas de sono, ils s’excusent beaucoup. Ce n’est pas leur métier, tout n’est pas millimétré comme de grandes salles dont c’est la vocation d’inviter des groupes tous les jours.


– Tu as dit dans quelques interviews que tu trouvais que « You don’t have to worry » était plus cohérent, plus mature. Par quoi cela se traduit selon toi ?

– Oui… Je trouve cet album plus cohérent car du début à la fin, il évolue vers une cible.


– Etait-ce une volonté de ta part de faire un album plus cohérent ?

– Non, c’est arrivé comme ça. Rien de prémédité. C’est en ayant fini d’enregistrer l’album que je m’en suis rendu compte.
Mais attention, j’aime aussi les albums qui sont moins cohérents. Cela donne une couleur, une personnalité.


– T’ayant vu jouer de nombreuses fois en concert il y a quelques années, ce que je retiens, c’est que tu as une espèce de schizophrénie saine qui se dégage sur scène, une imprévisibilité qui semble plaire au public, et à moi aussi, en passant. Tu as changé à ce niveau là ?

– On me l’a beaucoup reproché, ça, d’être hystérique.

 


– Pourtant, personnellement, c’est ce que je trouvais intéressant lors de tes concerts, que cela avait l’air sincère, que tu n’avais pas l’air de jouer un rôle.

– Oui, mais en fait, je me suis rendu compte que ce n’était pas nécessaire d’être hystérique tout le temps.


– Avez-vous eu l’occasion de défendre l’album en festivals cet été ?

– Non, nous n’avons fait que quelques concerts en Belgique depuis la sortie de l’album et pas de festivals.


– Tu as entamé une carrière solo, sous e nom de David Bartholomé, entre « Dance on the Beast » et « You don’t have to worry« , qu’est-ce qui a fait que tu aies voulu te lancer dans cette aventure ?

– Après toutes ces années à tourner sans cesse, je me suis retrouvé un jour à jouer tout seul de la guitare et je me suis dit que c’était ça que je voulais défendre à ce moment là. Et jouer solo permet de décider quand on veut commencer ou de terminer. Bosser seul m’a réouvert des portes. On m’a invité pour des choses qui n’étaient pas possible en groupe, tel que jouer avec une troupe de théâtre.



– As-tu l’intention de continuer cette carrière solo ?

– Oui, bien sûr !


– As-tu programme un moment pour poursuivre en solo ?

– Non, on verra bien. Quand ça se présentera, je m’y remettrai mais je ne sais pas quand.

 

 


– Peux-tu nous dire comment s’opère la composition au sein de Sharko ? Est-ce que Teuk (guitare) a son mot à dire ou est-ce que tu composes toujours tout seul ?

– Oui, je compose seul. Mais Teuk intervient lorsqu’après avoir enregistré la guitare et la voix, je lui demande de jouer sur les morceaux. C’est là que je me rends compte qu’il a une façon incroyable de faire sonner une guitare.
En répétant tous les deux, Teuk trouve des riffs. Parfois je prends et parfois pas. C’est comme ça que ça marche.


– Penses-tu encore jouer du Sharko dans 20 ans ?

– On ne sais jamais de quoi la vie est faite, comme le monde bouge beaucoup, on n’est pas sûr d’être encore là mais j’espère !

 



Sharko sera en concert le 21 décembre à Bruxelles, au Botanique, avec Angèle qui ouvrira pour le trio.
N’hésitez pas à vous y rendre si vous êtes dans le coin.

 

 

 

 

Album disponible : « You don’t have to worry »/Tôt ou Tard/PIAS

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