Urbano 2012

 

 

 

Urbano ouvre la voie pour la culture urbaine en Pays de la Loire. Petit festival deviendra grand…

 

Les 29 et 30 Juin 2012 avait lieu à Boufféré (85) la 1ère édition du Festival Urbano. Un festival à taille humaine, chaleureux, convivial et dont la programmation, bluffante sur le papier, a littéralement enflammé le public.

 

 

Pour une journée d’ouverture, l’affiche était particulièrement alléchante. Le premier groupe à ouvrir le bal: Scarecrow. Une innovation tant sur le fond que sur la forme. Un mix blues et hip-hop tout à fait convaincant. Composé du bluesman charismatique Slim Paul, du rappeur DJ Antibiotik, du bassiste King Jamo et de Pap’s à la batterie, la formation toulousaine m’a réellement ravi et à su conquérir le public qui commençait à arriver. La voix du chanteur, les lignes de basse groovy à souhait, les scratchs et interventions vocales maitrisées d’Antibiotik et la rythmique subtile confèrent à Scarecrow un style unique et très efficace.

 

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Pour poursuivre cette 1ère journée, les nantais de Backpack Jax.
De la soul et du hip-hop au programme donc de cette formation, révélation hip-hop des Transmusicales de Rennes en 2011. Accompagnés des musiciens The Slackers, le duo vocal composé par Mauikai et Boogie Monsta allie la puissance hip-hop, les sonorités jazz grâce aux cuivres et la douceur de la soul.
Un set de qualité donc, qui passe tout seul.

Vint ensuite le tour de La Fine Equipe, beatmakers originaires de Marseille. Des Djs donc qui allient électro et hip-hop grâce à des samples soul, jazz et reggae des 70’s.
Après le Grand Casino et l’excellent festival Garorock, La Fine Equipe offre aux festivaliers de Urbano un set de qualité, marque de fabrique du quatuor.

On attaque maintenant, les têtes d’affiche de cette 1ère journée. Beaucoup d’attente pour ma part pour les groupes à venir et une énorme claque qui approche. Je ne m’y attendais pas du tout, mais je vous explique tout cela tout bientôt. Le public se rapproche, la tension monte,…

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Rentre donc en piste un groupe mythique de la scène hip-hop française, un groupe qui a marqué une époque et une génération, Sniper.

Groupe phare des années 2000 avec notamment l’album « Du rire aux larmes » puis « Gravé dans la roche », Sniper sait mettre tout le monde d’accord.

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Des textes toujours aussi engagés, des clashs, du très bon hip-hop français donc, Aketo et Tunisiano mènent un set tambour battant. De très bons souvenirs musicaux ressurgissent à l’écoute des titres qui ont permis à Sniper de s’imposer comme un groupe qui a inscrit son empreinte dans l’histoire du hip-hop en France. Du bon, du très bon même. Aucune déception et une grande satisfaction de les revoir sur scène. Le 3 octobre 2011 sortait leur dernier album « A toute épreuve », avec notamment les featurings de Soprano, Anahy, Humphrey, L.E.C.K, Sexion D’Assaut et J-Mi Sissoko.

 

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Voici donc venu LE moment du festival qui marquera vraiment à mon goût en tous cas ces 2 jours, l’entrée sur scène du groupe originaire des Pays Bas, Dope D.O.D.

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Dope D.O.D., c’est avant tout un style hallucinant. Une ambiance post-apocalyptique, une bande son torturée, sombre quasi macabre. Une ligne basse assourdissante, terriblement incisive qui vous torture les tympans et les méninges. Orienté drum n’ bass et dubstep, le son de Dope D.O.D. est l’écrin idéal pour les lyrics des 3 comparses. Jay Reaper, Skits Vicious et Dopey Rotten distillent un hip-hop terriblement efficace. C’est froid, inquiétant, sombre mais vraiment envoutant. J’ai dû perdre 20 à 30 % d’audition durant le set et surtout lors des photos dans le crash mais ça en valait vraiment le coup.

J’avais écouté Dope D.O.D. avant de venir à Urbano, mais c’est vraiment sur scène que le groupe montre sa réelle puissance. En assurant les 1ères parties de Limp Bizkit et Korn, Dope D.O.D. impose progressivement son univers et il es certain que je ne les raterai pas si ils repassent en France.

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C’est donc maintenant au tour de Youssoupha de monter sur la scène d’Urbano.

Véritable étoile montante de la scène hip-hop française, le rappeur n’en est cependant pas à ses débuts. Originaire de Kinshasa, Youssoupha a d’abord collaborer dans différents groupes, notamment Frères Lumières, avant de se lancer réellement en solo en 2007 avec l’album « A chaque frère » puis avec « Sur les chemins du retour » en 2009.

Il nous revient en 2012 avec « Noir D**** », album très attendu. Le public est au rendez-vous et l’album connait déjà un grand succès. Le set de Youssoupha à Urbano est parfaitement maitrisé. Les festivaliers sont au rendez-vous pour ce moment qui met à l’honneur les textes de Youssoupha. Harmonie, chaleur, convivialité,… Un vrai bon moment.

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Je passe rapidement sur le groupe suivant, 1995, ne cautionnant pas les conditions de prises de photos exigées par le groupe et surtout leur prod’, je m’abstiendrai de prendre des clichés durant leur set et surtout d’aller les voir!

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C’est maintenant au tour des artistes américains de faire leur entrée à Urbano pour conclure cette 1ère journée.

Tout d’abord, Onyx, formation mythique des années 90 constitué à l’origine de Sticky Fingaz, Fredro Starr, Big DS et Sonsee.


N’étant pas fan absolu de Hip-Hop, je ne les connaissais que très peu et j’ai vraiment été impressionné par leur prestation scénique. Du lourd, violent, percutant, Onyx ne fait pas dans la dentelle. Ils travaillent actuellement à l’élaboration d’un nouvel album avec de nombreux featurings dont Method Man et Redman.

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En conclusion de la soirée, un autre groupe mythique de la scène américaine, E.P.M.D.


Beaucoup plus posés dans le style que leur prédécesseurs, Erick et Parish distille un hip-hop groovy à souhait. Une très bonne façon de clôturer la journée avec un groupe qui sait parfaitement allier simplicité et efficacité. Une pointure.

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2ème journée 30 Juin 2012

Pour ouvrir cette seconde journée du festival Urbano, Super Temple Sound. Composé des DJs nantais DJ Don’s et Notobox, le groupe propose un set constitué de morceaux d’inspiration Jazz, hip-hop et électro accompagné d’un beatmaker contrebassiste. Je n’ai pas pu les shooter ni les voir car leur set avait lieu en même temps que la conférence de presse d’Urbano.

La suite du programme « chargé » de la journée, Soul Square.
Des beatmakers nantais eux aussi, anciennement connus sous le nom de Drum Brothers. Du bon son hip-hop très teinté 90’s aux accents groove jazzy.

Place maintenant à un virtuose, le parisien pianiste, turntablist et beatmaker S.Mos.

Véritable chirurgien de ce qu’on appelle de nos jours le mash-up, S.Mos mixe à la perfection les légendes du jazz les les stars du hip-hop. Des bootlegs donc à foison, parfaitement réalisés. Un set calme, voluptueux, agrémenté de parties de piano joué par S.Mos et des scratchs précis, non intrusifs, qui pose sur Urbano un douce ambiance. Tout m’a plu dans sa prestation, on sent la maitrise et l’amour universel de la musique allant du jazz au hip-hop moderne. Un moment où le temps s’arrête, où l’on se pose et l’on écoute avec délectation.

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Un grand moment de la journée, l’arrivée des beatboxers de Under Kontrol.

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Des talents à l’état pûr, sacrés Champions du Monde à Berlin en 2009. Under Kontrol met d’entrée de jeu la barre très très haute avec une exécution à la perfection de leur art si délicat. Les beatboxers de haut niveau ne sont pas légion, mais eux se placent très haut. Jouant avec un public ravi de la prestation, Under Kontrol met le feu à Urbano.

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Des basses et percussions détonantes en support à tous les instruments possibles et imaginable, le quatuor maitrise son art et nous fait rentrer dans son univers.
Un set réalisé avec brio, sans fausse note, et qui met tout le monde d’accord.

Je pense tout de suite au groupe Bauchklang qui m’avait également impressionné l’an passé lors d’un autre festival.
La pression monte à Urbano qui se prépare à accueillir la suite de la programmation. Du haut niveau à suivre tout de suite.

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Une autre légende du hip-hop français fait son apparition sur la scène pour le plus grand plaisir des festivaliers, Scred Connexion !

Composée à ses débuts de Fab, Haroun, Mokless, Mourad et Koma, la « Scred » est indéniablement un des piliers de la scène hip-hop française. La compilation « Scred Selexion » notamment, ainsi que leurs différents collaboration avec Cut Killer et Double H, ont définitivement inscrit Scred Connexion dans l’univers hip-hop français.
Là encore, le set est d’une qualité rare. Enchainant morceaux anciens et plus récents, de bons souvenirs musicaux remontent et je retourne dans la fin des années 90.

Scred Connexion, « Jamais dans la tendance mais toujours dans la bonne direction ».

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La suite est prometteuse sur le papier, et sacrément convaincante sur scène: A.S.M. (A State of Mind) !!!

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Un groupe hétéroclite et d’horizons divers ( Canada, Allemagne, Angleterre ) qui a su se créer un style propre en mélangeant leurs différents influences de la funk à la soul, du hip-hop au reggae.
Un set complètement déjanté, riche, très riche même autant visuellement que musicalement. A.S.M. surprend par la complexité qui se cache derrière l’apparente simplicité de leurs compositions. Je m’explique, la musique d’A.S.M. parait tellement évidente qu’elle donne l’impression d’être facile. Mais c’est tout le contraire, le groupe a su se définir, devenir ce qu’il voulait être et produire des sets de haut niveau.

Du style funky de FP à celui plus roots de Green T, A.S.M. est un véritable melting pot musical.

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Une réussite donc, au plus haut point, qui enflamme la scène d’Urbano et son public de plus en plus nombreux.
Tous sont sous le charme de ce trio hybride! Un must have seen !!

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On continue donc notre journée avec la « star » du hip-hop français en ce moment, Orelsan !!

Loin du style bling-bling ou ghetto de ses confrères, et surtout de l’image que le public veut bien prêter au rappeurs en tous genres, Orelsan a ce visage de jeune gamin qui contraste complètement avec son style et ses textes. Au coeur de plusieurs polémiques, plus ou moins justifiées, Orelsan a réussi à faire un buzz assez incroyable et à conquérir un public de plus en plus nombreux et surtout fidèle.
J’avoue ne pas être tout à fait fan à la base, mais sa prestation à Urbano m’a plutôt séduit et impressionné. Des beats vraiment originaux assénés notamment par un batteur au top, des paroles vraiment bien écrites à mon goût, mis à part peut-être les hits de l’artiste axés un peu trop grand public.

Une prestation vraiment bonne donc, qui confirme qu’Orelsan a une place importante dans la scène hip-hop française actuelle.

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On continue avec un groupe vraiment impressionnant tant dans leur univers que dans leur composition, Puppetmastaz.

Leur univers est totalement hallucinant! Ne voir sur scène les 3/4 du set simplement des marionnettes au-dessus d’un rideau peut être déroutant au début, mais on rentre très vite dans leur jeu tant les compos sont de qualité et la mise en scène particulièrement bien rodée.
Après une séparation annoncée en 2009, les Puppetmastaz reviennent donc reconquérir leur public cette année. Un bien bon set, tout en couleur, en poésie aussi, en humour mais surtout musicalement très bien foutu.

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Pour conclure cette première édition d’Urbano, il fallait une tête d’affiche de haute volé,e, une figure incontournable de la scène hip-hop.
Et c’est évidemment Shurik’n qui a été choisi.

Shurik’n, c’est évidemment un des fondateurs du groupe mythique marseillais I.AM mais c’est aussi un personnage à part entière, une entité propre.

Depuis 1998 et son premier album solo « D’où je viens », Shurik’n a fait du chemin, s’est construit à travers ce qu’il affectionne le plus, sa musique. C’est donc 14 ans après cet opus qu’il revient avec son nouvel album « Tous m’appellent Shu ». Pour l’avoir croisé backstage et avoir pu échanger quelques mots, je peux vous certifier que l’humilité qu’il dégage est bien réel et que c’est vraiment un « grand » Monsieur.

Quant à sa prestation, que dire? Du haut, du très haut niveau. L’enchainement de ses nouveaux titres etdes morceaux mythiques d’I.AM réveillent en moi de sacrés bons souvenirs musicaux encore une fois. C’était juste un moment magique, un de ces moments où l’on se dit que l’on aurait raté ça pour rien au monde. Merci Monsieur Shurik’n pour tout ce que vous avez apporté au hip-hop français dans les années passées et à tout ce vous continuez d’apporter et de susciter comme émotions. Un bonheur simple et pûr.

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Et c’est par un magnifique feu d’artifice que s’achève cette première édition du festival Urbano. Une réussite à tous points de vue, tant la prestation globale a été préparée et gérée.

Un grand merci à Manu, Valentin, Simon, au personnel du V.I.P.

Pour conclure comme j’ai débuté cet article: « Petit festival deviendra grand… »

Photos et report Stéphane Mesnier ( Neo Photos ) pour M.I.N.D. Magazine