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Vianney – La Madeleine (Bruxelles)

30 Avr , 2017  

Il arrive, sans que cela soit péjoratif, que l’on se rende à un concert sans attentes particulières et donc sans rien en attendre de particulier. Il arrive aussi que l’on reparte en se disant qu’on en attend désormais beaucoup !

Un jeudi soir, une salle qui ne cède sa petite taille que devant la chaleur humaine de la foule qui la remplit. Vianney. Oui, Monsieur « Pas là », celui qui vous a scié la tête pendant des semaines, au point que son simple nom évoque un « Oh non ! » d’agacement dans votre tête. Et, en passant, celui sur lequel vous (moi) avez, peut-être, fait une petite erreur de jugement… !

C’est la jeune Eugénie qui ouvre le bal, seule en scène avec son pad, un petit côté « Jain », un petit côté « Fishbach » (que M.I.N.D. a croisé au même endroit l’an dernier), un petit bout de nana tout ce qu’il y a de plus convaincant dont on attend avec impatience la suite des aventures. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas et se prête, bon joueur,  au jeu de l’artiste.

Et puis « lui ». Seul. Même si au vu de l’énergie débordante du bonhomme, de son utilisation des loops (ces fameuses « boucles » chères à Ed Sheeran), et sa passion communicative, on pourrait aussi bien avoir affaire à un groupe entier. Et plus encore.

Que dire ? Qu’il faut peut-être revoir son jugement sur l’auteur de « Pas là », se pencher sur le reste de son œuvre, sur les pépites que contient son deuxième album « Vianney », à commencer par la plage d’ouverture de l’album (et du concert), « Sans le dire ». « Avant l’envol, je vole des bouts de toi […] Sans le dire, je saigne. Et te le dire, me gêne. Je fais au mieux pour que tu le comprennes. Sans le dire… Je t’aime. ». Premier morceau. Mouché.

Une bonne heure quarante de concert pour Vianney, l’occasion de démontrer qu’il manie aussi bien sa guitare que le verbe, aussi bien le « hook » (« Mais t’es pas là, mais t’es où ? ») que la mélodie (« Je m’en vais »), aussi bien l’amour que l’humour, la peine que la haine.

D’humour le chanteur français n’en manquera pas une seule seconde, y allant de son commentaire à tout moment : « La salle est petite, inutile de crier » lorsqu’on l’interpelle, « Tiens, finalement cette salle est immense… » lorsqu’on le demande en mariage, « Ah mais c’était une interview ce truc ? » lorsqu’on l’interroge sur son célibat, « Cette intro est vraiment très longue, sept minutes, mais vous allez vous y faire, vous êtes Belges, vous discutez ! ».

Moment émouvant, hé oui !, sur « L’homme et l’âme », un titre que Vianney avait écrit en hommage aux victimes du Bataclan, un moment de recueillement pour ceux qui sont tombés au « Bataclan, aux Champs Elysées, à Bruxelles,… ». Un moment où, enfin !, les smartphones s’éteignent… Et où on trouve la profondeur qui nous avait manqué sur ce « Pas là »… et que l’on découvre partout ailleurs, tout autour de nous, tout autour de lui.

Au hasard de la setlist on pointera « Dumbo » (« J’fais comme Dumbo, je ne fais que voler, au-dessus de mes défauts »), une reprise diablement efficace du « Caroline » d’MC Solaar, le très « Stromae » « Fils à papa », les plus qu’efficaces « Je te déteste » et « Moi aimer Toi ». Vianney se déchaîne sur sa guitare, « comme s’il devait mourir demain » comme le dit si joliment François Colinet dans sa chronique de ce même concert, les couples dansent dans la salle, les lumières, elles, dansent dans les yeux de tout le public. Merci.

Vianney est définitivement de ceux qu’on consomme comme un petit plaisir coupable, de ces chansons joliment nostalgiques (ou nostalgiquement jolies, c’est selon), que l’on fredonne au volant d’une voiture une nuit de pleine lune, de retour d’un autre monde, d’un autre temps, « Je m’en vais ».

Vianney. Où quand tu arrives un peu indécis, un peu hésitant. Et où tu sors en disant : il est bon. Genre. Vraiment. Très bon. Merci pour la leçon !

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